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XRP c'est quoi? Ripple, XRP Ledger et l'affaire SEC expliqués

Guide débutant · 7 min de lecture · mis à jour le 4 octobre 2026

XRP c'est quoi, et pourquoi on le confond toujours avec Ripple ? XRP est une cryptomonnaie qui circule sur une blockchain appelée XRP Ledger, tandis que Ripple est une entreprise américaine. On démêle tout ça simplement, avec l'histoire du procès contre le gendarme boursier américain et les risques à connaître.

XRP c'est quoi ? Ripple, XRP et XRP Ledger, trois choses différentes

C'est la source de confusion numéro un, alors commençons par là. Le XRP Ledger (souvent abrégé XRPL) est une blockchain : un registre public, partagé entre de nombreux ordinateurs, où sont inscrites les transactions. Personne ne le possède, et n'importe qui peut l'utiliser.

Le XRP est la cryptomonnaie de cette blockchain. Il sert à payer les frais de transaction et peut être envoyé d'un compte à l'autre, comme le bitcoin sur le réseau Bitcoin.

Ripple, enfin, est une entreprise privée basée aux États-Unis. Elle a contribué à développer le XRP Ledger, elle détient une grande quantité de XRP et elle vend des services de paiement aux banques et aux entreprises. Mais Ripple n'est pas le XRP Ledger : si l'entreprise disparaissait, le réseau pourrait continuer à fonctionner grâce aux autres participants.

Dans le langage courant, beaucoup de gens disent « Ripple » pour parler du XRP. Ce n'est pas exact, et cette nuance a joué un rôle central dans le procès dont on parle plus bas.

D'où vient le XRP ?

Le développement du XRP Ledger a commencé en 2011, porté par trois ingénieurs : David Schwartz, Jed McCaleb et Arthur Britto, rejoints rapidement par Chris Larsen. Leur idée : créer un système d'envoi de valeur plus économe que Bitcoin, sans minage gourmand en électricité.

Le réseau a été lancé en juin 2012. Dès le départ, 100 milliards de XRP ont été créés en une seule fois : il n'y a pas de minage et aucun nouveau XRP n'est fabriqué ensuite. Les fondateurs ont donné 80 milliards de XRP à l'entreprise qu'ils venaient de créer, d'abord appelée NewCoin, puis OpenCoin, renommée Ripple Labs en 2013 et aujourd'hui simplement Ripple.

Cette répartition explique pourquoi une société privée détient, depuis l'origine, une part très importante de tous les XRP existants.

Comment fonctionne le XRP Ledger ?

Contrairement à Bitcoin, le XRP Ledger n'utilise ni minage ni preuve d'enjeu. Il repose sur un protocole de consensus : des ordinateurs appelés validateurs comparent régulièrement leurs listes de transactions et se mettent d'accord sur la version à retenir. Chaque validateur choisit une liste d'autres validateurs en qui il a confiance pour se coordonner.

Résultat : une transaction est réglée en quelques secondes, avec des frais minuscules. Petite particularité, ces frais ne sont versés à personne : le XRP payé est définitivement détruit. Cela sert surtout à rendre le spam coûteux, car les montants détruits sont très faibles.

Le XRP Ledger propose aussi d'autres fonctions : un échange décentralisé intégré pour convertir des devises, la création de jetons, ou encore des stablecoins. Ripple a d'ailleurs lancé en 2024 son propre stablecoin adossé au dollar, le RLUSD.

Le XRP et les paiements internationaux

L'usage mis en avant depuis le début, ce sont les paiements transfrontaliers. Aujourd'hui, envoyer de l'argent de Paris vers Abidjan ou Dakar passe souvent par plusieurs banques intermédiaires, ce qui prend du temps et coûte cher, que ce soit en euros ou en francs CFA.

L'idée de Ripple : utiliser le XRP comme monnaie pont. Une entreprise convertit ses euros en XRP, envoie les XRP en quelques secondes, puis le destinataire les reconvertit dans la devise locale. Les banques n'ont plus besoin de laisser dormir de l'argent sur des comptes à l'étranger pour assurer ces paiements.

Il faut toutefois nuancer. Ripple vend plusieurs solutions de paiement, et toutes n'utilisent pas forcément le XRP. Le fait qu'une banque soit cliente de Ripple ne veut donc pas dire qu'elle utilise le XRP. C'est un point souvent mal compris dans les publications sur les réseaux sociaux.

L'affaire SEC contre Ripple : ce qui s'est passé

Le 22 décembre 2020, la SEC, l'autorité américaine des marchés financiers, a attaqué Ripple ainsi que deux dirigeants, Brad Garlinghouse et Chris Larsen. Elle les accusait d'avoir levé plus de 1,3 milliard de dollars en vendant des XRP depuis 2013 comme des titres financiers, sans les avoir enregistrés comme la loi l'exige.

Le 13 juillet 2023, la juge fédérale Analisa Torres a rendu une décision très commentée. Elle a distingué deux types de ventes. Les ventes directes de XRP à des investisseurs institutionnels, sous contrat, constituaient bien des offres de titres non enregistrées. En revanche, les ventes programmatiques, c'est-à-dire les XRP vendus de façon anonyme sur les plateformes d'échange, n'en étaient pas, car les acheteurs ne savaient pas qu'ils achetaient à Ripple.

En octobre 2023, la SEC a abandonné ses poursuites contre les deux dirigeants. Puis, le 7 août 2024, la juge a condamné Ripple à une amende civile d'environ 125 millions de dollars et lui a interdit de violer à l'avenir les règles d'enregistrement. Elle a refusé la demande de la SEC de restituer les sommes perçues, ce qui aurait coûté bien plus cher.

Comment le procès s'est terminé

En octobre 2024, les deux camps ont fait appel. Mais après le changement de direction à la SEC début 2025, l'autorité a changé de stratégie vis-à-vis des cryptos. Le 8 mai 2025, la SEC et Ripple ont annoncé un accord : l'amende serait ramenée à 50 millions de dollars et l'interdiction levée, à condition que la juge l'accepte.

Le 26 juin 2025, la juge Torres a refusé d'indiquer qu'elle modifierait son jugement. Les deux parties ont alors choisi d'arrêter les frais : le 7 août 2025, elles ont déposé une demande commune pour abandonner leurs appels respectifs.

Bilan : le jugement de 2024 reste en vigueur. Ripple paie l'amende d'environ 125 millions de dollars et reste soumise à l'interdiction. La distinction entre ventes aux institutionnels et ventes sur les plateformes reste celle de 2023. Cette décision ne vaut que pour cette affaire, aux États-Unis, et ne fait pas du XRP un placement sans risque.

L'offre de XRP et le séquestre de Ripple

Comme Ripple détenait des dizaines de milliards de XRP, beaucoup craignaient qu'elle en vende massivement d'un coup. Pour rassurer, l'entreprise a annoncé le 8 décembre 2017 avoir placé 55 milliards de XRP sous séquestre, un mécanisme du XRP Ledger qui bloque des fonds jusqu'à une date précise.

Le principe : 55 contrats d'un milliard de XRP chacun, qui se débloquent un par un, le premier jour de chaque mois. Ripple peut utiliser ou vendre ces XRP, et ce qu'elle n'utilise pas est replacé dans un nouveau séquestre, à une échéance plus lointaine. C'est pour cela qu'on voit passer chaque mois des messages sur le « déblocage d'un milliard de XRP ».

Ce système rend l'offre plus prévisible, mais il ne fait pas disparaître le fait qu'une seule entreprise contrôle une grande réserve. Sur Crypto Alerte, la rubrique des déblocages de tokens à venir aide à repérer ce type d'événements.

Les risques liés au XRP

Premier risque : la concentration. Ripple et ses fondateurs ont reçu l'essentiel des XRP au départ, et la société en détient encore une grande partie. Leurs ventes peuvent peser sur le marché.

Deuxième risque : la confusion entre l'entreprise et le jeton. Un partenariat annoncé par Ripple ne signifie pas automatiquement une utilisation du XRP. Les rumeurs sur ce sujet circulent beaucoup et alimentent des mouvements de prix brutaux.

Troisième risque : la réglementation. Le procès américain est clos, mais les règles peuvent encore évoluer selon les pays. En Europe, le règlement MiCA encadre désormais les prestataires de services sur crypto-actifs.

Enfin, comme toute crypto, le XRP est très volatil, et les arnaques usurpant le nom de Ripple, avec de faux « cadeaux » de XRP, sont fréquentes. N'investis jamais d'argent dont tu as besoin, et vérifie toujours la source d'une information avant d'y croire.

Questions fréquentes

XRP c'est quoi exactement ?

Le XRP est la cryptomonnaie du XRP Ledger, une blockchain lancée en 2012. Il sert à payer les frais du réseau et à transférer de la valeur en quelques secondes, notamment pour des paiements internationaux.

Quelle est la différence entre Ripple et XRP ?

Ripple est une entreprise américaine, le XRP est une cryptomonnaie. Ripple a reçu une grande partie des XRP à leur création et propose des services de paiement, mais le XRP Ledger fonctionne indépendamment d'elle.

Comment s'est terminé le procès entre la SEC et Ripple ?

Le 7 août 2025, la SEC et Ripple ont abandonné leurs appels. Le jugement d'août 2024 reste en vigueur : Ripple paie une amende d'environ 125 millions de dollars et reste soumise à une interdiction de violer les règles d'enregistrement.

Le XRP est-il un titre financier ?

En 2023, une juge américaine a estimé que les ventes de XRP aux institutionnels étaient des offres de titres, mais pas les ventes anonymes sur les plateformes d'échange. Cette décision concerne cette affaire aux États-Unis seulement.

Pourquoi Ripple débloque 1 milliard de XRP par mois ?

Depuis fin 2017, 55 milliards de XRP sont placés sous séquestre et un milliard se débloque chaque mois. Ce que Ripple n'utilise pas est replacé dans un nouveau séquestre.

Sources

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